Mike Oldfield Interview

January 1, 1970
Stuart Clarke
Keyboards Magazine


VINGT ANS APPRES La suite de «Tubular Bells» s'est faite attendre longtemps. Vingt ans à peu près, avant que n'arrive ce «Tubular Bells II» sur le label WEA. Entre temps, il y a beaucoup d'autres événements, dont le dernier est le départ de Mike Oldfield de chez Virgin. C'est à Nice, où il réside actuellement, que l'homme nous explique la situation actuelle.

On dit qu'il ne pleut jamais sur la Côte d'Azur en été? J'ai l'air malin avec mes Ray-Ban et mon tonneu d'Ambre Solaire, il pleut et le temps est plus humide que Sarah Ferguson après consultation avec son conseiller financier.
Poutrant Saint Paul de Vence, perché sur la montagne au millieu des orangers, pas très loin de Nice, est un véritable paradis. Pas étonnant que Mike Oldfield ait décidé de résider ici en attendant la sortie de son nouvel album «Tubular Bells II».
Rappelons que «Tubular Bells I» est sorti en 1973 et que cet exercice musical plein de grandeur a rarement été égalé depuis. Avec des ventes totales de 16 millions d'exemplaires, l'album aida Richard Branson à monter son label, Virgin et Mike Oldfield n'eut plus à se préoccuper d'où viendrait son prochain paquet de tabac à rouler. Oldfield a quitté le label pour signer chez WEA et le second volume de «Tubular Bells» est bien plus qu'une simple recréation d'une Å“uvre existante.

Quel but t'es-tu fixé pour «Tubular bells II»?

Ce n'est pas une remise à jour, ni un remake, mais plutôt une extension de l'original. Je sentais que je tenais à ajouter quelque chose de valable au premier volume. J'ai eu vingt années pour évoluer en tant que musicien et «Tubular bells II» était le véhicule idéal pour exposer mon expérience dans ce contexte.

Comment t'y es-tu pris? Le concept est-il le même?

Le premier volume définissait l'être humain comme un animal à plusiers facettes, triste et joyeux, plein d'amour, de haine et d'émotion. Ce nouvel album est plus sophistiqué, avec un eu plus de considération pour le sujet, mais l'énergie basique reste la même.

Les fans de «Tubular bells» vont s'amuser à répertorier les différences entre les deux volumes. Comment résumerais-tu ces contrastes?

Pour commencer, il y a tout au long du premier volume un souffle d'environ 10 Hertz qui ne se retrouve pas sur le nouvel album, heureusement! Ensuite, l'image de moi-même qui ressortait du vol. I était beaucoup trop sérieuse, les bras croisés sur la console, sourcils froncés, etc. Ma nouvelle attitude est beaucoup plus ouverte et expressive, plus libre en quelque sorte. Il a fallu que je m'assure de laisser des points de références communs entre les deux albums, sans qu'ils soient similaires. Je pense avoir réussi à les contraster correctement. Les deux volumes sont parents, sant pour autant être des frères siamois, et «Tubular bells II» est empli d'embellisements hi-tech qui n'exstaient tout simplement pas dans les seventies.

Comment as-tu enregistré?

J'ai utilisé tout ce que j'avais à ma disposition, du Synclavier à l'evier de la cuisine! L'album a été coproduit avec mon partenaire Tom Newman et Trevor Horn a également participé en tant que producteur.

Techniquement, quelles sont les différences entre les deux albums?

Viv Stanshall tenait le rôle de M.C. sur le premier volume, il commentait l'action musicale. A un certain moment, il annonçait: «Two slightly DISTORTED guitars» (deux guitares légèrement distordues). Ce passage est devenu: «Two slightly SAMPLED guitars», ce qui en soi-même raconte déjà toute une histoire. Mon utilisation de la technologie est subtile plutôt que surpuissante. Je n'ai aucun promblème avec les ordinateurs et les samplers, ce sont les instruments de notre époque, comme les violons ont pu l'être au 17è siècle, ou les guitares dans les annés 50 et 60. Trevor Horn a apporté une contribution importante dans le sens où il connaissait assez mal le premier volume et ses oreilles n'étaient pas conditionnés, nous avons bénéficié avec lui d'une fraicheur nouvelle.

Tu penses que ce sont tes fans habituels qui vont acheter «Tubular bells II», ou espères-tu toucher un nouveau public?

Un peu des deux en réalité. Ce serait bien si je pouvais montrer aux jeunes musiciens qu'ils n'ont pas beson d'écrire spécialement pour les hit-parades. On peut être différent hors de l'ordinaire. Il n'y a pas assez d'expérimentation musicale de nos jours, du moins peu rencontrent le succès. Mais si nous vendons un million d'albums, cette attitude pourrait changer.

Que penses-tu de l'étiquette «new age» sous laquelle on te classe? Tu es souvent mentionné en même temps que Nigel Kennedy, par exemple...

Yuk! La plupart de la musique new age est cheap et aseptisée, laissons donc filer cette comparaison. Quant à Nigel Kennedy, je suppose que nous avons tous deux contribué à populariser la musique instrumentale, mais la comparaison s'arrète là . C'est un interpète plutôt qu'un compositeur et si son approche possède une certaine énergie, je ne pense pas qu'il soit un musicien particulièrement remarquable ou exceptionnel.

Est-ce que tu vas interpréter «Tubular bells II» sur scène?

Absolument. La première mondiale aura lieu en Ecosse, à Edinburgh Castle au mois de septembre. Avec tout le travail de répétition du groupe qui comprend vingt musiciens, il est possible que je n'aurais même pas le temps d'avoir le trac! D'ailleurs, pour la première fois depuis Dieu sait combien de temps, j'ai un label et une organisation qui croient en moi et je sais qu'ils mouilleront leur chemise pour que «Tubular bells II» soit un succès. Que pourrais-je demander de plus?

As-tu des regrets d'avoir quitté Virgin?

Aucun! Ils m'ont laissé tomber en 78 pour s'occuper de Sex Pistols et tout miser sur eux. J'ai entendu l'autre jour qu'ils venaient de laisser tomber John Lydon (alias Johnny Rotten, ex-chanteur des Pistols). Je ne suis pas une personne vindicative, mais...à son tour de connaître le revers de la médaille, et bonne chance! J'espère simplement qu'il ne viendra pas frapper à la porte de WEA!

Musicalement, comment as-tu commencé?

Ma sÅ“ur, Sally, était chanteuse de folk et j'ai commencé à l'accompagner à la guitare dans les clubs à l'age de 10 ans. Progressivement, j'ai fait mon chemin dans la scène folk et en 1968, j'ai pris pour la première fois le chemin des studios pour accompagner ma sÅ“ur sur l'album «Sallyangie». Mon jeu de guitare n'était pas fantastique, mais suffisant pour que Kevin Ayers, ex-Soft Machine, m'engage dans son nouveau groupe, The Whole World. Kevin est un véritable excentrique. Sa musique manquait un peu trop de direction pour être ma tasse de thé, mais j'ai apprécié le temps passé avec lui, à cause de son énergie. J'étais un musicien relativement timide avant de rencontrer Kevin, mais après deux semaines et concerts, je jouais des solos en aigu en me roulant par terre! C'est pendant cette période que j'ai commencé à travailler sur «Tubular bells I». Je n'oublierai jamais la tête des producteurs et ingénieurs du son d'Abbey Road quand je leur ai fait écouter les premières maquettes de «Tubular bells». Ils se sont regardés avec des expressions horrifées en me disant «oui, c'est très bien», et ils on arrêté la band aussitôt que possible. Les labels réagissaient de la même façon. J'apportais moi-même les bandes et généralement, le portier me montrait la sortie au bout de cinq minutes. Ils ne faisaient pas exactement la queue devant ma porte pour me signer!

Finalement, que s'est il passé à cette époque?

C'est Simon Draper de chez Virgin qui m'a inviter à passer une semaine au Manor Studio. Il était l'une des rares personnes du label à comprendre la musique. Plus tard, Richard Branson a essayé de s'attribuer le crédit de m'avoir signé, mais c'est Simon Draper qui a tout fait.

As-tu quitté Virgin parce que Richard Branson a revendu le label l'anné dernière pour se consacrer à sa compagnie aérienne?

Je ne suis pas membre du Richard Branson fan club. La vérité est un peu compliquée et mon split avec Virgin remonte à bien plus loin.

Quand as-tu décidé de quitter Virgin et pourquoi?

Dès le début des années 80. Les gens du label étaient pleins de considération pour moi, mais je me rendais bien compte que sur la liste de priorité du label, je me situais désormais à la 85è place ou quelque chose d'approchant. J'ai toléré cette situation pendant un certain temps, puis j'ai décidé qu'il était inutile de rester avec Virgin s'ils se contentaient de sortir mes enregistrements pour en vendre, automatiquement et sans promotion, 90 000 exemplaires.

Qu'as-tu fait alors?

Je voulais désespérément sortir de mon contrat avec Virgin, mais j'avais signé chez eux à l'âge de 19 ans, et Richard Branson, en bonne homme d'affaires s'était assuré qu'il n'y avait aucune clause en ma faveur me permettant de résilier le contrat. J'ai essayé de l'attaquer en justice en 1982, mais légalement je n'avais aucune chance. Continuer le procès m'aurait certainement privé de la plupart de mes biens, y compris ma maison. Il a donc fallu que je serre les dents et accepte le fait que je devais encore trois albums à Virgin. C'est à peu près à ce moment que j'ai commencé a travailler sur «Tubular bells II», mais je ne voulais pas donner à Bronson [sic] le droit de sortir l'album et j'ai prétendu longtemps que j'avais un blocage psychique qui m'empèchair d'écrire. Curieusement, ce blocage a duré jusqu'à l'année dernière, quand j'ai signé chez WEA (traduction Alvin Jackson).

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Mike Oldfield Tubular.net
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